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L’histoire du Bécut, le géant terrifiant

Plusieurs origines

L’histoire de ce géant est pour le moins méconnue dans les Landes : seuls trois contes évoquent la créature. Bien renseigné, donc, celui qui pourrait parler de cet ogre « horrible », dont les traces écrites remontent au XVIIe siècle.

« Je cherche depuis 60 ans les légendes sur les Bécuts, en dehors des contes de Contis, Castets et Rion », confie le docteur Jean Peyresblanques, mémoire de la Société de Borda, incollable sur les mythes et légendes du département. Dans son livre « Contes et légendes des Landes », le lecteur découvre ce géant « gros et barbu », au chapitre des fées et êtres fantastiques.

Le Benquetois Jean Harambat a également consacré un conte à cet « ogre de dix quintaux », « assassin des belles et avaleur de troupeaux », dans ses « Chroniques mystérieuses des Landes », illustrées par ses soins.

L’apparition de cette créature dans les légendes gasconnes trouve plusieurs explications : pour certains, le Bécut serait tout droit issu du Moyen Âge. « Certains folkloristes, comme Dompnier de Sauviac, ont comparé le Bécut aux Francs, explique le docteur Jean Peyresblanques. Les Francs étaient bardés de fer, avec leurs heaumes : d’où la notion d’œil unique. »

D’autres y ont vu la réplique gasconne du Cyclope combattu par Ulysse. Ainsi, la nouvelle de Jean Harambat raconte comment un berger qui était destiné à finir dans l’estomac de l’ogre, lui a crevé l’œil pour lui échapper, et l’a poussé dans un puits.

Mais pour le docteur Jean Peyresblanques, il y a confusion : « Pour moi, le Bécut est à rattacher à la légende des géants. »

Quoi qu’il en soit, les contes évoquant le Bécut ont tous un enseignement à dispenser. « La légende est racontée par l’ancien instituteur Lacoste en 1903 ou 1904 dans sa grammaire gascon/français : il s’est servi de cette légende pour faire sa leçon », reprend le docteur Peyresblanques.

Le mythe est aussi celui de la constitution des dunes, en ce qui concerne le Bécut de Contis, ou celui de l’origine du panturon. Le Bécut a aussi donné son nom aux moustiques, avides de sang tout comme lui, qui peuplent les marais landais.

Car « dans tout conte folklorique on retrouve des éléments qui permettent de comprendre, et qui se rattachent à l’histoire ou à la géographie », conclut Jean Peyresblanques.

couverture Bladé contes pop gasc ed Aubéron 2008

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