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Hervé dit « Caillou » l’interview

Ce weekend, nous avons rencontré Hervé dit « Caillou », trésorier des Bécuts de Gascogne et tank de choc.

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­ Pourrais tu nous expliquer comment tu en es venu à faire du Béhourd ?

J’ai découvert le Béhourd un peu par hasard il y a un environ deux ans. En fait, c’est doublement grâce à mon ami Vincent JOLIT de l’équipe Armagnac.

J’ai trouvé un article sur internet où il était question de ses résultats dans une compétition du nom étrange de  » Battle of the nations  » ayant eu lieu à Aigues-Mortes en 2014.

Je n’en avais jamais entendu parler, et je m’attendais à ce que ce soit une fête médiévale avec un tournoi rassemblant quelques dizaines de mecs en armures qui se la jouaient un peu. Après quelques recherches, j’ai compris mon erreur et je découvrais la ligue HMB.

Au cours de l’été 2014, j’ai retrouvé Vincent en Touraine et on a fait quelques passes d’arme au crépuscule sur un parking.

Mon expérience du combat à l’épée se résumait à quelques bastons en jeux de rôle grandeur nature. Inutile de préciser que contre Vincent, ça ne pesait pas bien lourd.

C’est aussi à cette occasion qu’il m’a appris qu’une équipe du nom de  » Bécuts de Gascogne » se montait sur Toulouse. A cette époque, j’étais en recherche d’une activité physique, et les jeux grandeur nature ne me suffisaient plus.

­ Ta progression a été assez impressionnante cette année, quel est ton secret ?

De mon point de vue, c’est facile de progresser lorsque l’on commence tout juste une nouvelle activité. Mon premier tournoi remonte à juin 2015, il y à peine plus d’un an.

Je ne faisais plus de sport depuis au moins quinze ans, et d’un coup j’intègre une équipe soudée, on arrive à se motiver mutuellement pour se faire deux entraînement par semaine… Forcément, en partant de zéro, on progresse vite, surtout quand on est entouré par des équipiers plus en forme que vous, vous faite ce qu’il faut pour vous mettre à niveau. Et il y a encore beaucoup de chemin à faire.

­ Et ce surnom de « Caillou » , peux-tu expliquer aux gens comment il est venu ?

(rires) Au cours du tournoi de Château Thierry en mars 2016, je faisais partie de l’équipe Bécuts 1 qui a affronté les Comtois en phase de pool. Les comtois ont montré leur redoutable efficacité en mettant au sol tous les Bécuts les uns après les autres. Je suis resté seul contre deux d’entre eux à la fin des deux rounds de ce match, durant plusieurs minutes. Les comtois ont essayé de me faire tomber de toutes les façons possible. Ils ont cassé des manches d’arme d’hast sur mon dos, utiliser des fauchons, des haches à deux mains, ils m’ont foncé dessus… sans résultat. Finalement, je suis tombé en chargeant Adrian Wade à la fin du 1er round.

Ce sont les membres du comité de sélection de l’équipe de France qui ne me connaissaientt pas à l’époque qui ont trouvé ce surnom de « Caillou », parce que, selon eux, me taper dessus c’est comme tenter de casser des cailloux.

­ On a tous en mémoire ce moment aux championnats du monde Battle of the Nations, où l’Américain Brad Schaive s’est retrouvé dans une impasse face à toi. Comment as-tu ressenti ce moment ?

Tout va très vite au cours d’un round en Béhourd. On est tellement préoccupé par ce qu’il se passe autour de nous qu’on perd un peu la notion du temps et qu’on ne se rend pas compte de tout ce qu’il se passe.

Brad Schaive s’est retrouvé à me frapper avec sa hache à deux main, tandis que je mettais au sol un de ses équipiers. Il a alors cass é un premier manche sur mon dos et a dû rompre le combat pour se procurer une nouvelle arme. Il est revenu avec une autre hache, plus petite. Cette fois, il l’a coincée dans la visière de mon casque. Craignant de m’avoir blessé, il m’a dit plusieurs fois de me mettre au sol.

Heureusement que notre capitaine Edouard Eme nous avait bien briefé en nous précisant qu’on ne devait tenir compte que des ordres des marshalls et uniquement ceux des marshalls. D’autant plus que je ne savais pas pourquoi il me disait de me mettre au sol. C’est seulement quand il est parti chercher sa troisième arme du round que j’ai compris qu’il y’avait un problème et que je me suis rendu compte que sa hache était toujours dans ma visière.

Je l’ai enlevée, jetée par-dessus la barrière et je me suis mis à chercher un nouvel adversaire.

Brad a été intercepté par trois Français de son coté de la lice et est resté debout jusqu’à la fin du combat.

Il est venu le soir au camp français pour s’assurer que j’allais bien. C’est à présent un ami. C’est l’une de mes plus belles expériences sportives et humaines. C’est aussi ça, le Béhourd.

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­ On a vu une progression impressionnante dans l’équipe cette année. Qu’est ce qui fait la force de l’équipe d’après toi ?

Nous avons une équipe jeune, en plein développement. Nous avons la chance d’avoir de nombreux profils différents et complémentaires. Nous avons la chance de pouvoir nous entrainer deux fois par semaine avec notre capitaine John Walbrecq, qui nous fait profiter de ses quatre ou cinq années d’expérience en combat et en stratégie ainsi que du coaching sportif de Gaëtan Bonnemberger qui nous a boosté en cardio en quelques mois. Tous les membres de l’équipe ont à cœur de la faire progresser.

Certain d’entre nous ont eu l’honneur de défendre les couleurs de l’équipe de France cette année aux tournois HMB de Prague et IMCF au Portugal. L’expérience acquise lors de nos combats avec des équipes de niveau international nous a fait faire un vrai bond en avant au niveau technique, et rapporter deux médailles en tournoi mondial nous a forgé un moral à toute épreuve.

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­Et le Béhourd, de manière générale, qu’a-t-il changé dans ta vie ?

Le Béhourd est ce qui m’a le plus fait évoluer ces dernières années. J’ai repris goût au sport, je fais de nouveau des activités culturelles, je ne fuis plus la compagnie des autres, j’apprends à nouveau à faire confiance et à me défoncer pour un groupe. Tout ça m’a permis de reprendre ma vie en mains. Je suis même convaincu que ça m’a mis dans les bonnes dispositions pour faire la rencontre de celle qui partage ma vie depuis quelque temps.

­ Un dernier mot ?

Nous ne sommes qu’au début d’une belle aventure. Les Bécuts sont ma nouvelle famille. Je compte bien tenir ma place aussi longtemps que possible au sein de l’équipe.

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